lundi 14 mai 2018

Sœurs & Bernard Minier


Bonjour mes ami(e)s, voici ma chronique.






Quatrième de couverture.

Pauvres âmes déchues. Il a fallu que je vous tue...

Mai 1993. 

Deux sœurs, Alice, 20 ans, et Ambre, 21 ans, sont retrouvées mortes en bordure de Garonne. Vêtues de robes de communiantes, elles se font face, attachées à deux troncs d'arbres. 

Le jeune Martin Servaz, qui vient d'intégrer la PJ de Toulouse, participe à sa première enquête. Très vite, il s'intéresse à Erik Lang, célèbre auteur de romans policiers à l'œuvre aussi cruelle que dérangeante. 

Les deux sœurs n'étaient-elles pas ses fans ? L'un de ses plus grands succès ne s'appelle-t-il pas La Communiante ?... L'affaire connaît un dénouement inattendu et violent, laissant Servaz rongé par le doute : dans cette enquête, estime-t-il, une pièce manque, une pièce essentielle. 

Février 2018. 

Par une nuit glaciale, l'écrivain Erik Lang découvre sa femme assassinée... elle aussi vêtue en communiante. Vingt-cinq ans après le double crime, Martin Servaz est rattrapé par l'affaire. Le choc réveille ses premières craintes. Jusqu'à l'obsession. 

Une épouse, deux sœurs, trois communiantes... et si l'enquête de 1993 s'était trompée de coupable ? 

Pour Servaz, le passé, en resurgissant, va se transformer en cauchemar. Un cauchemar écrit à l'encre noire. 




Mon avis,

N'étant pas à mon premier Bernard Minier, mon encéphale était au taquet en sachant qu'une sortie d'un nouvel opus était imminente. En découvrant la quatrième de couverture, je peux vous dire que l'attente fut très longue....jusqu'à sa sortie. Dès réception du fameux sésame, je suis entrée en autarcie totale et bien m'en a pris.

Quel pied!!!! Je m'en explique.
Avec ce nouveau thriller, Bernard Minier s'est surpassé. 

Il nous offre une intrigue qui se visualise sur deux époques distinctes.


1993,

Les corps de deux sœurs sont retrouvés attachés à deux troncs d'arbres.
Faits troublants, elles sont vêtues en robes de communiantes et elles se font face.
Martin Servaz participe à sa première enquête à la PJ de Toulouse et ses soupçons se portent sur un célèbre écrivain.
Faits encore plus troublants, Erik Lang est l'auteur du roman policier à succès 
"La Communiante".
Les deux sœurs étaient ses fans les plus fidèles et les plus proches.
À cette époque, l'enquête prend un tournant dès plus surprenant.
Servaz n'est pas convaincue des évènements survenus et doute cruellement des conclusions. 


2018,

Martin Servaz est appelé sur une scène de crime dès plus déconcertante.
L'adresse de ladite " scène de crime " lui rappelle une affaire datant de 25 ans qui lui avait laissé le gout amer de la déception et de l’insuccès. 
Revoir Erik Lang dans ces circonstances est un choc qui réveille un passé ou les zones d'ombre ne demandent qu'à apparaitre au grand jour. 


Questions

Qui en voulait à l'épouse d'Erik Lang?
Pourquoi cette mise en scène lugubre?
Quels sont les dénominateurs communs entre l'enquête de 1993 et cet assassinat?
Les indices et les faits, corroborent-ils avec les explications d'Erik Lang?
Pourquoi l'épouse, de l'auteur à succès, est-elle vêtue en communiante? 
Y a-t-il des accointances avec l'enquête de 1993?
Quel message l'assassin veut-il faire passer? 


Autant de questions auxquelles Martin Servaz va devoir y répondre, mais cette fois-ci, il est seul maitre à bord, c'est lui qui mène l'enquête et pas question de laisser le moindre indice ou faits de côtés. Tout sera disséqué, analysé et examiné au grand dam d'Erik Lang.


Pour ceux qui, comme moi, connaissent la "série" Martin Servaz, vous serez ravis de retrouver notre flic, entre ses débuts à la PJ de Toulouse et de nos jours, étant maintenant capitaine. 
Je ne vais pas vous parler de ses précédents romans et vous soumettre l'idée de vous rendre illico chez votre libraire et vous procurer lesdits "romans" avant de vous lancer dans ce nouvel opus. Je vous dirais tout simplement que ce roman peut-être lu indépendamment des autres, mais pour une meilleure compréhension du personnage principal, il est préférable de les lire dans l'ordre. 

Ceci étant dit, Bernard Minier nous offre ici une genèse parfaitement maitrisée et cadrée. 
Le style "Minier" se bonifie et s'affirme au fur et à mesure de ses sorties livresques. La mécanique est excellemment bien huilée et j'en veux pour preuve, un final des plus fabuleux. 
J'ai cherché en me creusant les méninges, qui...et pourquoi.... 
Oui, mais...non, ce n'est pas logique....pas lui.... 
Et elle...comment est-ce possible.... 
Les chapitres fusent et votre encéphale s'emballe en cherchant encore et toujours, mais vous vous retrouvez sur une voie de garage sans comprendre les désirs machiavéliques et morbides du tueur. 
Les personnages ont une identité strictement définie et millimétrée par une justesse des rôles qui m'ont séduit. Votre attachement pour certains vous semblera contradictoire et même malsain.... 
L'auteur joue avec vous et vous manipule royalement, mais toujours avec cette désinvolture de la maitrise du suspense et une aisance du dramatique qui agace😉😆.


Bref, une intrigue diligemment rythmée avec une régulation du tragique qui tiendra votre encéphale en alerte maximale jusqu'au dénouement final. 
Perso, le meilleur pour moi de Bernard Minier! 




L'auteur 








Nationalité : France 

Né(e) à : Béziers (Hérault) , le 26/08/1960

Biographie : 

Bernard Minier est un auteur français de roman policier.


Bernard Minier grandit à Montréjeau au pied des Pyrénées, puis fait des études à Tarbes et à Toulouse avant de séjourner un an en Espagne. Il vit aujourd’hui dans l'Essonne en Île-de-France

Il fait d'abord carrière dans l'administration des douanes, comme contrôleur principal, tout en participant à des concours de nouvelles avant de franchir le pas et d'envoyer un manuscrit de roman à des éditeurs.

Il publie son premier roman, "Glacé", en 2011. Salué par la presse Glacé a très vite connu un large succès public et a été traduit ou est en cours de traduction dans une dizaine de langues, dont l’anglais. Il rencontre le même succès dans plusieurs pays européens.

"Glacé" met en scène le commandant Servaz, un policier de Toulouse profondément humain et lettré, confronté à une série de crimes aussi épouvantables qu'incompréhensibles dans les Pyrénées au cœur de l’hiver. Le roman obtient de nombreux prix dont le Prix Polar au Festival de Cognac et le Prix "Découverte" Polars Pourpres. Il a été adapté en série télévisée en 2017.

Son deuxième roman, "Le Cercle", paru en 2012, renoue avec le même personnage et se situe cette fois dans le milieu d’une petite ville universitaire du Sud-Ouest.

Ses romans privilégient les atmosphères oppressantes, la violence psychologique et des personnages complexes, ainsi que "l’attention qu’il porte aux décors, naturels en particulier".

http://www.bernard-minier.com/

https://www.facebook.com/bernard.minier 




Détails du produit

  • Broché: 480 pages
  • Editeur : XO (5 avril 2018)
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2374480348
  • ISBN-13: 978-2374480343

vendredi 11 mai 2018

La Terre Des Morts & Jean-Christophe Grangé


Bonjour mes ami(e)s, voici ma chronique.





Quatrième de couverture.


Quand le commandant Corso est chargé d'enquêter sur une série de meurtres de strip-teaseuses, il pense avoir affaire à une traque criminelle classique.
Il a tort : c'est d'un duel qu'il s'agit. Un combat à mort avec son principal suspect, Philippe Sobieski, peintre, débauché, assassin.
Mais ce duel est bien plus encore : une plongée dans les méandres du porno, du bondage et de la perversité sous toutes ses formes. Un vertige noir dans lequel Corso se perdra lui-même, apprenant à ses dépens qu'un assassin peut en cacher un autre, et que la réalité d'un flic peut totalement basculer, surtout quand il s'agit de la jouissance par le Mal.



Mon avis,


Deux années d'attente...cela vous parait long? 
Hooo que oui! 😉
Mais avec Jean-Christophe Grangé, nous ne sommes jamais déçus.
La patience est une vertu qui porte toujours sa récompense avec elle.

Après Congo Requiem, que j'avais dévoré, JCG nous revient avec ce sublime thriller, La Terre des Morts.
Le talent de JCG se définit sous de multiples facettes. 
Au regard de ses précédents romans, l'auteur se réactualise chaque fois pour le plus grand plaisir de son lectorat. 
Ce nouvel opus n'échappera pas aux serials lecteurs qui, comme moi, apprécieront le style thrilleristique diaboliquement efficace du Maitre, avec son lot de rebondissements et de coups de théâtre judicieusement scénarisés par une mise en scène génialissimement orchestrée.  


Les faits,


Deux stripteaseuses assassinées de façon innommable.
Un flic, Corso, commandant au légendaire 36 Quai des Orfèvres, chargé de l'enquête. 
Un suspect, Sobieski Philippe, assassin, pervers, putride, sadique et obsédé, mais pas que.... Il a à son tableau de chasse, nombre de fans qui s’extasient devant son deuxième talent " La peinture ".  


L'intrigue se visualise sur trois chapitres distincts. 

Le premier est à lui seul, une description du milieu outrancier du porno avec son lot de déviances de toutes sortes. Mais ne vous méprenez pas, JCG vous explique et vous apprend des "choses" que vous ne soupçonniez même pas. 
Alors oui, le hardcore y est tranchant et aiguisé comme une lame de rasoir, mais dites-vous bien que dans ce milieu, le franc-parler y règne en Maitre absolu et que nous ne sommes pas dans un monde de bisounours. 
Comme notre commandant, Stéphane Corso, qui est un tantinet déjanté.... 
Oui, n’ayons pas peur des mots et soyons objectifs. 
Le passé de Corso n'a pas été une partie de plaisir et la vie ne l'a pas épargné, que du contraire. 
Ce milieu, il le connait à la perfection et d'ailleurs, son couple en  payera le prix fort! 
Ses rapports avec la hiérarchie sont, comme qui dirait, à la limite du " je-m'en-foutisme "et par-dessus le marché, ses méthodes d'approches policières sont, pour le moins, "cinglantes". 
Le style "Corso" n'y va pas avec le dos de la cuillère et sa réputation, au 36, est à l'image du personnage. Son professionnalisme est à la hauteur de sa ténacité. Un vrai pitbull...ne lâche jamais sa proie ou victime. 
Serait-il obsédé par cet "artiste-assassin"? On peut dire que oui! 


Le style


L'auteur suit un schéma narratif maitrisé par un phrasé à couper au scalpel.
Nous parlons d'un Maitre du genre, bien évidemment, mais JCG ne cesse d'impressionner ses lecteurs. Il manipule, oriente, manœuvre, pilote et triture votre esprit avec cette insolence déconcertante qui vous cloue les méninges. 
Vous êtes envoutés par une genèse des plus tordue et vous aimez cette dépendance qu'il vous impose sans que vous ne puissiez réagir à cet asservissement. 
Telle une toile d'araignée, le diabolique et la stylistique sont tissés avec une éloquence du dramatique à faire pâlir les meilleurs scénaristes du genre. 
La trame prend toute sa superbe par un tragique qui engendre indéniablement une addiction. Les ressentis foisonnent par dizaine dans votre esprit. 
L'atmosphère y est pesante. 
Les émotions s'imposent entre atrocités et inhumanité, mais aussi, par des personnages aux charismes énigmatiques qui vous sembleront pour certains, de vraies pourritures et pour d'autres vous ressentirez un attachement mitigé. Votre empathie en sera perturbée. 
Le génialissime de JCG est qu'il parvient en 600 pages à vous hérisser le poil et vous embarquer dans les abysses du mal le plus pernicieux. 


En conclusion,


Un thriller noir digne des meilleurs du genre et le topissime des Grangé pour moi. 
Je présume qu'il va certainement atterrir sur grand écran et cela sera mérité (en espérant un réalisateur digne de ce nom).
Je précise que ce thriller n'est pas à mettre entre toutes les mains. Un public averti est souhaité. En dire plus, non, foncez sans vous poser de question, c'est du très très grand Grangé. 😉





L'auteur








Nationalité : France 

Né(e) à : Boulogne- Billancourt , le 15/07/1961

Biographie : 

Jean-Christophe Grangé est un journaliste, reporter international, écrivain, scénariste et scénariste de bande dessinée.

Après des études de lettres à la Sorbonne aboutissant à une maîtrise sur Gustave Flaubert, il devient rédacteur publicitaire. En 1989, il se lance dans le journalisme comme grand reporter pour le National Geographic, Paris Match et le Sunday Times.
Il crée par la suite la société L&G pour faire des reportages en free lance. Ces derniers vont l'entraîner aux quatre coins du monde et lui rapporter plusieurs prix : Reuter en 1991, World Press en 1992. Ces enquêtes seront aussi une formidable source d'inspiration pour ces romans.

"Le Vol des cigognes", son premier roman, est publié en 1994. En parallèle de son travail littéraire, il écrit des scénarios pour le cinéma et la télévision.
Son second roman paru en 1998, "Les Rivières pourpres", ne passera pas inaperçu. Le succès auprès du public se confirmera d'ailleurs en 2000, année où le roman est adapté au cinéma.
En cette même année 2000 paraît "Le Concile de Pierre". En 2003, il publie "L'Empire des loups". En 2004 sort "La Ligne noire", premier tome d'une trilogie de romans sur la "compréhension du mal sous toutes ses formes."
Le succès ne se dément pas avec le deuxième volet de cette trilogie, "Le Serment des Limbes" sorti en 2007.
Parallèlement à sa carrière de romancier, il continue à travailler pour le cinéma : outre l'adaptation des Rivières pourpres, il a également écrit le scénario de Vidocq (de Jean-Christophe Comar dit Pitof en 2001) et a collaboré à la plupart des réalisations ou projets tirés de ses romans.
Il publie "Miserere "en 2008, "La forêt des Mânes" en 2009. En 2011 sort "Le Passager" ; il travaille aussi sur le scénario et la production de "Switch" de Frédéric Schoendoerffer avec Eric Cantona et Karine Vanasse.
Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma et à la télévision, il a été traduit dans une vingtaine de langue et est l'un des rares écrivains français dans son genre littéraire à être apprécié aux États-Unis.

site officiel : http://www.jc-grange.com/ 



Détails du produit


  • Broché: 560 pages
  • Editeur : Albin Michel (2 mai 2018)
  • Collection : A.M.THRIL.POLAR
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2226392092
  • ISBN-13: 978-2226392091
  • Dimensions du produit: 15,6 x 3 x 22,5 cm


mardi 30 janvier 2018

ADN de Yrsa Sigurdardóttir


Bonjour mes ami(e)s, voici ma chronique. 







Quatrième de couverture


Elísa Bjarnadóttir méritait d'être punie. Elle devait payer. Mais quelle faute pouvait justifier une telle violence ? On vient de retrouver la jeune femme à son domicile, la tête entourée de gros scotch, exécutée de la façon la plus sordide. L'agonie a dû être atroce. Sa fille de sept ans a tout vu, cachée sous le lit de sa mère, mais la petite se mure dans le silence. Espérant l'en faire sortir, l'officier chargé de l'enquête se tourne alors vers une psychologue pour enfants. C'est sa seule chance de remonter jusqu'au meurtrier. Ce dernier n'a pas laissé de trace, juste une incompréhensible suite de nombres griffonnée sur les lieux du crime. Alors que les experts de la police tentent de la déchiffrer, un étudiant asocial passionné de cibi reçoit à son tour d'étranges messages sur son poste à ondes courtes. Que cherche-t-on à lui dire ? Sans le savoir, il va se retrouver mêlé à l'une des séries de meurtres les plus terrifiantes qu'ait connues l'Islande.



Mon avis,


ADN, de Yrsa Sigurdardóttir, se situe dans la lignée des thrillers scandinaves, avec ce petit truc en plus, qu’eux seuls, parviennent à suppléer si délicatement. 

Dès réception de ce roman et en préambule à ma lecture, la quatrième de couverture avait suscité en moi une curiosité maladive (comme d'habitude, me direz-vous😉).
Donc, c'est avec un certain empressement que je me suis jetée sur ce thriller et bien m'en a pris. Hooo que oui! 

Comme à son habitude, le thriller scandinave pose le préfixe, la racine et le suffixe de l'intrigue avec une indiscutable maitrise du détail. Pour ceux qui ne connaissent pas la stylistique nordique, n'allez surtout pas penser qu'elle soit apathique! Que du contraire, l'allégorie prend son temps et les éléments se placent astucieusement.

Sans vous en rendre compte, la trame vous happe en un claquement de doigts. Vous voilà captif et cadenassé par une intrigue dès plus tordue. En effet, l'auteure joue avec ses personnages et les supplicie à souhait. Chacun d'entre eux tient son rôle avec une éloquence et une régulation du tragique qui vous flanque la trouille et vous hérisse le poil. 
Ne vous attendez pas à des scènes gores et sanguinolentes, non, l'auteure a privilégié le suspens, l'angoisse et l’anxiété comme plat de résistance. 
La construction scénaristique est à la hauteur de la thématique et engendre une vraie dépendance. 
Yrsa  Sigurdardóttir manipule son lectorat avec une certaine aisance et en abuse intelligemment. L'auteure prend un malin plaisir à vous embuer l'esprit. 
Les moindres schémas, ébauches ou indices que vous élaborez, susceptibles d'établir un profil, sont balayés par un sens inné du suspens et de la mise en scène sans jamais être pathétiques ou redondants.


Que dire du style de l'auteure.


Eh bien, pour être tout à fait honnête, cette patte est singulière et se définit par un caractère constant et assuré tout au long du récit. 
Le langage stylistique est formel et est assimilé rapidement. 
Les schémas narratifs s'accordent parfaitement avec une genèse impeccablement orchestrée. 
Les chapitres sont condensés et devancés par une datation claire pour une compréhension limpide des faits qui recoupent, l'historique d'un passé qui déterminera des évidences aux conséquences désastreuses et funestes.
La phraséologie est lisse et fluide. 
Les ressentis et les émotions sont exploités et disséqués par un dramatique et un pathétique établis avec brio. 


Bref, ce thriller est en parfaite symbiose avec mes préférences thrillistiques. 
Page après page, l'intrigue se dévoile et vous en prenez plein les yeux. 
Je me suis régalée et j'en redemande. 
Cette auteure mériterait plus de visibilité et de reconnaissances. 
Ce qui est chose faite, en ayant été élu, le meilleur roman policier de l'année au Danemark et en Islande.  
Mes félicitations Madame. 

L'auteure, 






Nationalité : Islande 

Né(e) à : Reykjavik , le 24/08/1963

Biographie : 


Yrsa Sigurdardottir est une auteure islandaise de romans pour la jeunesse et de polars. Elle écrit depuis 1998.

Les personnages récurrents de ses polars sont l'avocate islandaise Thora Gudmundsdottir et un ancien inspecteur allemand Matthew Reich.

Par ailleurs, Yrsa Sigurdardottir exerce toujours son métier d'ingénieur civil. Elle est actuellement responsable technique sur un très gros projet de construction hydro-électrique en Islande., où les tempêtes hivernales et le blizzard empêchent souvent tout déplacement... pas étonnant dès lors, qu'elle ait su peindre à merveille l'atmosphère d'un site isolé. 

Son travail a été primé en Islande à plusieurs reprises. 


Détails du produit

  • Broché: 416 pages
  • Editeur : Actes Sud Editions (3 janvier 2018)
  • Collection : Actes noirs
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2330090552
  • ISBN-13: 978-2330090555


dimanche 22 octobre 2017

Les Talons Rouges & Antoine de Baecque


Bonjour mes ami(e)s, voici ma chronique





Quatrième de couverture,


Juin 1789, l’Ancien Monde bascule. Les Villemort forment une longue lignée d’aristocrates, un clan soudé par l’idée ancestrale de leur sang pur, un sang dont précisément cette famille se délecte. Les Villemort, ces « talons rouges », sont aussi des vampires. Deux d’entre eux veulent renoncer au sang de la race pour se fondre dans la communauté des égaux. Ils sont les héros de ce roman oscillant entre le fantastique et le réel des journées révolutionnaires. Voici William, l’oncle revenu d’Amérique, qui a pris là-bas le goût de la liberté et épouse la cause des esclaves affranchis, s’entourant d’une garde couleur ébène. Voici Louis, le neveu exalté, beau, précipité dans l’action révolutionnaire, épris de Marie de Méricourt jusqu’à lui donner la vie éternelle. Comment échapper à la malédiction venue du fond des âges ?


Mon avis,



Les Talons Rouges. Rentrée littéraire 2017.

" Les talons rouges" d’Antoine de Baecque est un roman surprenant qui revisite une période de notre histoire, la Révolution française. Vous faites connaissance avec la famille "de Villemort". 
Le nom de famille en dit long…vous comprendrez pourquoi après.

Cette famille a à sa tête le patriarche, Henry de Villemort, qui est d’une lignée peu conventionnelle du XVIe siècle, il est le premier à être devenu vampire.

À partir de ce moment-là, ma lecture fut prise d’une curiosité addictive sans précédent. 
J’ai littéralement dévoré ce roman historico-fantastique.

Avant tout, ce roman historique décrit avec la plus grande justesse, une période décisive de Dame histoire, la Révolution française. Le travail de recherche est phénoménal  et colossal. L’auteur n’a pas lésiné sur les descriptions et précisions historiques de cette période de l’Histoire sans que celle-ci soit redondante ou lassante. J’ai aimé me replonger et m’imaginer vivre en ces temps immémoriaux de la Révolution française.

Antoine de Baecque y mêle cette famille de vampire qui contribue politiquement et socialement à cette période historique. L’intrigue tourne autour des deux principaux personnages et membres de cette famille, Louis et William de Villemort, notables envoûtants et fascinants.

L’auteur a intelligemment revisité le mythe du vampire. Nous sommes très très loin du style et stigmatisation de la série Twilight, qui entre nous, n’est pas du tout représentative, pour moi, du mythe ou idéalisation du vampire en tant que tel. 
Ce que je veux dire, c’est que dans cette semi-fiction, ce clan est bien évidemment "immortel" et le sang reste le repas principal de cette famille, mais à contrario du vampire indestructible et puissant, les membres de cette famille sont aussi fragiles, inconstants et aux comportements et mœurs plus que douteux pour certains.

L’allégorie vous est contée par un narrateur hors pair, Antoine de Baecque vous stupéfie par un style littéraire posé et gracieux. Phraséologiquement  parlant, je ne peux qu’être admirative par cette finesse et conformité que l’auteur cultive tout au long du roman. 
Le dramatique et le tragique sont perçus et ressentis savamment par une authenticité appuyée par des faits réels ce qui donne à l’intrigue tout son prestige majestueux. Le pathétique et l’empathie ne sont pas en reste, vous aimerez ou détesterez certain(e)s, mais toujours avec une admiration émotionnelle en ce qui concerne Louis et William qui vous séduiront et vous passionneront.


Bref, j’ai dévoré ce roman, qui soit dit en passant, n’est pas dans mes préférences de lectures traditionnelles, mais l’auteur a su me charmer et m’enthousiasmer  par un style littéraire plus qu’exceptionnel, aux atouts historiques réels et à l’imaginaire chimérique du mystique vampirique. 


Merci aux Editions Stock et Babelio pour l'envoi via Masse critique. 




L'auteur





Biographie 



Nationalité : France 

Né(e) à : Neuilly-sur-Seine , le 14/05/1962

Biographie : 

Antoine de Baecque est un historien de la littérature, un critique de cinéma et de théâtre et un éditeur français.

Ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud (lettres), il est spécialiste de histoire culturelle du XVIIIe siècle. Il enseigne à l'Université de Versailles.

Mais il a aussi édité de nombreux articles et ouvrages sur le cinéma français, en particulier sur François Truffaut et l'histoire de la revue Les Cahiers du cinéma, dont il a été rédacteur en chef.

Il était aussi rédacteur en chef adjoint chargé de la culture au journal Libération qu'il a quitté fin 2006.

Il a dirigé les éditions Complexe de septembre 2007 à fin 2009.

À partir de 2007, il collabore au journal en ligne Rue89. 

À partir de 2015, il collabore à la revue en ligne délibéré, où il publie Degré zéro4, une chronique consacrée à la marche et à l'exploration de la ville (Paris puis New York).

Il a publié une histoire des Cahiers du cinéma (1991), des essais sur Andréi Tarkovski (1989), Manoel de Oliveira (1996), La Nouvelle Vague (1998), ainsi qu'une biographie de François Truffaut (1996, avec Serge Toubiana). Il est également historien de la culture des Lumières et de la Révolution française. 



Détails du produit


  • Broché: 312 pages
  • Editeur : Stock (23 août 2017)
  • Collection : La Bleue
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2234078873
  • ISBN-13: 978-2234078871

mercredi 11 octobre 2017

Les Chiens De Détroit & Jérôme Loubry


Bonjour mes ami(e)s, voici ma chronique.





Quatrième de couverture.


Une plongée suffocante dans les entrailles pourrissantes de Détroit, devenue cimetière de buildings

Novembre 1998. Le corps du petit Peter est découvert dans un buisson de Palmer Park. Il a été enlevé, étranglé puis déposé là par un homme dont la taille, d’après les rares indices récoltés, dépasse de loin celle du commun des mortels. L’enquête est confiée à l’inspecteur Stan Mitchell, alias «  le Molosse  », un flic violent banni de Washington et exilé à Détroit, cette cité géante autrefois gloire de l’industrie automobile devenue capitale du crime et qui, chaque jour, sombre un peu plus dans la décrépitude.
Bientôt, les enlèvements se multiplient et la presse commence à parler du «  Géant de brume  », croquemitaine terrifiant dévoreur d’enfants décrit par un témoin anonyme. Et tandis que la police patine, que Détroit se vide de ses habitants, Mitchell s’enfonce toujours un peu plus dans l’alcool et la solitude… L’affaire lui est retirée puis, avec le temps, à l’image des maisons de Détroit, abandonnée et oubliée.
Quinze ans plus tard, les disparitions recommencent. Mitchell qui a réussi à arrêter la spirale de sa déchéance est à nouveau sur le coup, épaulé par une jeune inspectrice récemment arrivée en ville, Sarah Berkhamp. Grâce à eux, le tueur, un géant placide nommé Simon Duggan, est enfin arrêté. Deux enfants n’ont toujours pas été retrouvés et sont peut-être encore en vie. Mais Duggan refuse de coopérer. Il ne veut parler qu’à Sarah. Pour sauver les enfants, la jeune femme va devoir écouter les fantômes du passé…



Mon avis,

En recevant ce roman noir, deux questions m'ont taraudée; 
La première; Le titre du roman, pourquoi "Les Chiens de Détroit"? 
La seconde; La photo de couverture, cette maison, que représente-t-elle? 
Il n'en fallait pas plus pour que mon encéphale s'affole et se dirige vers la quatrième de couverture qui, soit dite en passant, dévoile juste ce qu'il faut pour vous titiller les neurones. 😜 En fait, Jérôme Loubry est démoniaque et machiavélique!😈


Synopsie

L'intrigue se visualise sur deux époques distinctes. 

1998,

La découverte du corps du petit Peter. 
Stan, dit " Le molosse ", flic à la dérive, est chargé de l'enquête. 
Les enlèvements engendrés par " le Géant de brume ", décrit par un témoin anonyme, s'intensifient. 
Détroit, autrefois métropole de la splendeur de l'industrie automobile, devenue ville fantôme ou crime et décadence sont devenues une réalité tristement évidente. 
L'enquête et Stan s'enlisent et se précipitent vers des chemins abyssaux ou les paradis artificiels ne sont qu'illusions. 
L'enquête lui est retirée et tombe dans l'oubli. 

2013, 

Les disparitions recommencent. 
Stan qui est redevenu humainement et professionnellement parlant un flic digne de ce nom, reprend l'enquête en duo avec Sarah Brekhamp. 
Mais, à l'inverse de 1998, le tueur présumé "un Géant" est arrêté par ce duo atypique que forment Stan et Sarah.
Fait troublant, le tueur présumé ne veut parler qu'à l’inspectrice, Sarah Berkhamp. 
Fait très important et différent également d'il y a 15 ans, les corps des deux enfants sont introuvables. 

Questions... 

Les deux enfants, sont-ils encore en vis?
Pourquoi le tueur présumé ne veut-il parler qu'à Sarah?
Pourquoi Sarah appréhende-t-elle cet interrogatoire? 
Qui est ce Géant de brume? 
Est-il l'assassin, cruel et immonde, de 1998? 
Est-ce une récidive de Simon Duggan ? 
Les indices et les faits, corroborent-ils avec ceux de 1998?  
Quels sont les dénominateurs communs  qui relient ses deux affaires?

Notre duo va devoir comprendre et décoder ce tueur d'enfants potentiel, qui fera resurgir un passé douloureux et âpre pour nos deux enquêteurs. 


L'auteur suit un schéma narratif parfaitement cadré. Vous y ressentez d’emblée cette atmosphère pesante et écrasante qu'apporte l'intrigue. 
La genèse des personnages est à elle seule, prodigieuse. 
Sarah, par sa dualité psychologique et son côté "schizo", Stan, par son passé coléreux et agressif qui se relève de sa stagnation et Simon Duggan, personnalité implexe et sibylline, vous engluent dans cette enquête aux multiples rebondissements. 
Votre lecture en devient obsessionnelle, vous voulez comprendre; le pourquoi, qui et le comment d'un passé très présent au futur et dénouement sublimissime.
Le style de Jérôme Loubry est diaboliquement addictif et vous ne pouvez que succomber à cette aura naturellement efficace. 
L'idée de conception de ce récit est magistralement orchestrée et scénarisée par des décors et des séquences dignes des meilleurs du genre.


Oui, j'ai kiffé grave...et je peux vous dire que jusqu’à la dernière page votre encéphale sera en mode " Assuétude ". 


Bref, un thriller noir dans la lignée des "Cold Case" absolument maîtrisé et accompli qui vous laissera un sentiment de frustration tant l’appréhension de lire le dernier mot, de la dernière phrase, de la dernière page vous stupéfiera! 


Merci aux éditions Calmann-Lévy et Netgalley pour l'envoi. 




L'auteur






Biographie 


Nationalité : France 

Né(e) à : Berry 
Biographie : 


Jérôme Loubry a travaillé à l'étranger et écrit des nouvelles tout en voyageant. 

Dorénavant établit en Provence, il publie son premier roman, "Les chiens de Détroit", en 2017.

Installé à Valensole dans les Alpes-de-Haute-Provence, il a déjà écrit "Prison Dichotome" (2013) et "Le sourire des morts" (2014). 

page Facebook : https://www.facebook.com/loubryjerome/ 


Détails du produit

  • Broché: 300 pages
  • Editeur : Calmann-Lévy (11 octobre 2017)
  • Collection : Suspense Crime
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2702161707
  • ISBN-13: 978-2702161708